Elle se retrouva, comme à son habitude, dans une caverne sombre. on pouvait apercevoir, loin, très loin, une petite fenêtre de lumière indiquant la sortie. Comme à chaque fois elle se mi à courir. Plus elle courait, plus le carré de lumière rétrécissait. Soudain elle s'arrêta. A quoi bon reccomencer, si l'on savait que c'était peine perdue ? elle tomba à genoux et enfoui sa tête dans ses mains. Un désespoir familier naquit alors au plus profond d'elle-même. Elle se recroquevilla sur le sol et attendit que la mort la délivre de cette angoisse. Elle entrevit une ombre oréolée de lumière, puis plus rien.
Soudain, elle se réveilla.
Pour la première fois, elle n'était pas soulagée de retrouver sa chambre d'ado bien réelle. Cela faisait depuis le début des vacances d'été qu'elle faisait ce cauchemard. Toujours le même. Mais pour la première fois, elle rencontrait quelqu'un ou quelque chose elle ne savait pas vraiment. Elle regarda l'heure : 6h du matin. Elle ne pouvait plus replonger dans le rêve d'horreur pour savoir ce qui l'attendait. Aujourd'hui était la rentrée des classes et elle devait se lever.
Elle sortit du lit en pagaille et se fraya un chemin jusqu'à sa salle de bain parmis les innombrables objets qui trainaient sur le sol : vêtements sales, baladeur, disque, affaires de classe, bouquins... Elle arriva dans la salle de bain, enclencha le bouton de la sono : Bed of Razors de Children of Bodom.[
*] Rien de mieux. Au son de la guitare électrique déchainée elle se lava la figure puis entreprit de choisir ses vêtements pour allez au lycée. Sa mère cogna alors à la porte et tenta de parler par dessus le métal qui hurlait.
"Nui !!! Baisse cette musique !!! tout de suite !!! Et puis [...]"
Il devint impossible d'entendre ce qu'elle disait. Nui exténuée, stoppa la musique et ouvrit la porte. Une petite femme replête en robe à fleurs se tenait dans l'embrasure. Tout chez elle montrait à quel point elle voulait rester dans son époque.
"Nui, tu m'entends ? Aujourd'hui fait un effort s'il te pl... ooooooooh !!!" une expression d'horreur se peignit peu à peu sur son visage.
" Bonjour maman, comment vas-tu ce matin ? répondit émilie ironique.
-Nui ! Tu veux faire honte à notre famille ? Ton père s'en retournerait dans sa tombe ! Enlève ces vêtements et va mettre ceux que je t'ai préparé hier ! Et enlève moi ce maquillage !! on dirait que tu as des yeux au beurre noir ! Er ce rouge à lèvres mauve ! Non mais tu rêves ma fille ???!!!"
Nui portaitun treillis accompagné de diverses chaînes, des rangers noires et un débardeur noir avec de la dentelle. Il y avait une tête de mort imprimée avec de part et d'autre de cette tête les mots : "zero" et "Skate or die". Elle portait aussi un collier et des bracelets à piques d'au moins 10 cm et d'une mitaine en dentelle déchirée.
"Maman, se mit à crier émilie les larmes aux yeux, tu n'es pas là pour me donner des leçons ! Je m'habille comme je veux ! et ne mélange pas tout, papa naurait rien dit !
-C'est ça allez !! ça va le mensonge ! tu sais bien que de toute façon c'est de ta faute s'il est mort !
-Puisque c'est comme ça j'y vais moi !"
Elle prit son mp3, sa planche de skate et sortit de la maison, ignorant les hurlements de sa mère. Elle se mit à rouler vers le collège, les larmes ruisselants le long de son visage. Elle arriva au lycée une demie-heure avant l'ouverture de la grille. A 7h30 du matin, il y avait peu de monde. Nui rentrait en première L, contre l'avis de sa mère. Cela avait été la dernière promesse qu'elle avait fait à son père décédé. Battant du pied au rythme de la batterie et fredonnant les paroles de "Fuck The System" [
*] elle regarda autour d'elle. Elle apperçu un groupe de Wesh-Wesh qui la reluquait en parlant derrière leur sweat à capuche Diesel. Encore des imbéciles qui ne pensait qu'à l'apparence et ne jurait que sur la tête d'Eminem. A pleurer. Elle vit aussi deux tecktonick killeuses en slim rose fluo et leur T-shirt assorti. Plus loin, un groupe de filles en mode minijupe-talons-string-qui-dépasse faisait des clins d'oeil à un gars seul adossé contre un mur. Nui le survola briévement et repartit dans la contemplation de ses rangers. Elle s'était promis de ne plus s'interresser à aucun garçon depuis que le précédent l'avait lâcher pour préservé son image de racaille.Ce n'était qu'un con de plus sur cette Terre. Un con, qui avait bien failli la tuer. Elle ne voulut pas se rappeler la dernière année de sa vie et préféra observer un chat qui dormait sur un toit.